
Comprendre le pays
Comprendre le Sri Lanka
Son histoire, ses cultures, sa cuisine, sa géographie et ses saisons.
Cinq chapitres pour regarder au-delà de l’itinéraire et mieux comprendre le pays que vous allez traverser.
01 · L'histoire
Une civilisation qui n'a jamais vraiment cessé

Deux mille cinq cents ans d'histoire ininterrompue : des rois bâtisseurs, trois colonisateurs, et un thé qui a fini par donner son nom à l'île.
Anuradhapura, première capitale du pays, est fondée voici plus de deux mille trois cents ans. Au IIIe siècle avant notre ère, le bouddhisme arrive par un moine, Mahinda, fils de l'empereur indien Ashoka. L'île en fait sa colonne vertébrale et ne l'a plus lâché depuis. Les rois qui se succèdent bâtissent des cités entières et des réservoirs d'irrigation si bien pensés que certains servent encore.
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À partir de 1505, les côtes passent de main en main : les Portugais d'abord, les Hollandais ensuite, les Britanniques enfin, qui prennent le royaume de Kandy en 1815 et unifient l'île pour la première fois sous une seule autorité. Quand une maladie ruine les caféiers vers 1870, ils les remplacent par du thé. Le Ceylan était né, et avec lui les plantations qui tapissent les hauteurs.
L'indépendance arrive en 1948, sous le nom de Ceylan ; le pays devient le Sri Lanka en 1972. Une guerre civile déchire le nord et l'est de 1983 à 2009, puis le tsunami de 2004 frappe les côtes. Depuis, l'île s'est rouverte en entier, Jaffna et le Nord compris, longtemps restés inaccessibles.
02 · La culture
Plusieurs peuples, plusieurs dieux, une même île

Bouddhistes, hindous, musulmans et chrétiens, trois langues, un jour férié à chaque pleine lune, et le cricket qui arrête tout.
Le pays compte environ vingt-deux millions d'habitants. La majorité cinghalaise est bouddhiste ; les Tamouls, au nord et à l'est, sont hindous ; s'y ajoutent des communautés musulmanes et chrétiennes. On y parle le cinghalais, le tamoul, et un anglais hérité des Britanniques qui reste la langue de passage. Trois écritures, trois calendriers de fêtes, sur un territoire grand comme l'Irlande.
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Le bouddhisme rythme les journées : les dagobas blancs, le Temple de la Dent à Kandy qui abrite une relique du Bouddha, et un jour férié à chaque pleine lune. À Jaffna, les temples hindous couverts de statues colorées racontent un tout autre pays. Cette diversité n'est pas un décor, c'est la trame du quotidien.
Le quotidien se vit dehors : les marchés, les tuk-tuks, les échoppes de thé au bord des routes. Et le cricket, la seule chose capable d'arrêter le pays un après-midi entier. La table, elle, mérite mieux qu'un paragraphe : elle a son chapitre, juste en dessous.
03 · La cuisine
Le rice and curry, et tout ce qui va autour

Un riz entouré d'une dizaine de petits plats, des crêpes en bol au petit-déjeuner, la vraie cannelle et le thé de Ceylan : on mange ici comme nulle part ailleurs.
Tout commence par le « rice and curry », le plat national et le repas de tous les midis : un riz au centre, et autour une constellation de petits plats. Un dhal de lentilles, un curry de poisson ou de poulet, des légumes que l'on ne connaît pas toujours, et le pol sambol, ce condiment de noix de coco râpée au piment qui réveille tout. Chaque maison a sa version, aucune ne se ressemble, et l'on mange traditionnellement avec les doigts de la main droite.
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Le matin, place aux hoppers : des crêpes de riz fermenté cuites en forme de bol, croustillantes sur les bords, moelleuses au centre, parfois avec un œuf au fond. Leurs cousins, les string hoppers, sont des nids de vermicelles vapeur. Et le soir, dans la rue, on entend le kottu avant de le voir : un roti haché à toute vitesse sur la plaque, avec légumes, œuf ou viande, dans un rythme de percussions qui fait partie du plat.
Le Sri Lanka est aussi une île d'épices : c'est ici que pousse la vraie cannelle, celle que les Hollandais gardaient jalousement, plus fine et plus douce que la casse qu'on vend ailleurs sous son nom. Cardamome, poivre, curcuma et feuilles de curry parfument tout. Et le thé de Ceylan, cueilli dans les hauteurs, se boit du matin au soir, très infusé, souvent avec du lait.
Deux conseils d'ami : mangez local, les meilleurs rice and curry sont dans les petites échoppes du midi, pas dans les hôtels. Et goûtez le thambili, la noix de coco royale orange que l'on ouvre au coupe-coupe au bord de la route : c'est la meilleure boisson de l'île, et elle pousse sur place.
04 · La géographie
Une île à trois étages

Grande comme l'Irlande : des plages tout autour, une zone sèche au nord, et le thé à 2 500 mètres au centre. Léopards, éléphants et baleines bleues compris.
Le Sri Lanka couvre environ soixante-cinq mille kilomètres carrés, un peu moins que l'Irlande, au large de la pointe sud de l'Inde. Un simple détroit et un chapelet d'îlots, le pont d'Adam, l'en séparent. Sa forme de goutte tient dans un vol intérieur d'une heure d'un bout à l'autre.
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Tout se joue sur trois étages. La plaine côtière fait le tour de l'île. À l'intérieur, une vaste zone sèche au nord et à l'est, plus chaude et plus rare en pluie. Et au centre, les hauts plateaux, qui grimpent jusqu'à deux mille cinq cent vingt-quatre mètres : c'est là que poussent le thé, que tombent les cascades, et que se dresse l'Adam's Peak, montagne sacrée pour quatre religions à la fois.
Pour sa taille, la faune est exceptionnelle. Léopards, éléphants qui se rassemblent par centaines à la saison sèche, baleines bleues au large des deux côtes, et une forêt primaire, Sinharaja, classée à l'Unesco. On croise plus d'animaux ici, en deux semaines, que dans bien des pays dix fois plus grands.
05 · Les saisons
Plusieurs saisons, et pourquoi le mois de départ décide de la route

Les moussons et les intersaisons se répondent. Le mois de départ oriente l'itinéraire, sans jamais remplacer une lecture région par région.
Le Sri Lanka vit au rythme de deux moussons, avec des périodes de transition entre elles. De décembre à février, le Sud et l'Ouest sont souvent les plus simples à relier. De mai à septembre, la route se tourne plus volontiers vers l'Est, le Nord et les zones sèches. Entre les deux, le triangle culturel et les Hautes Terres permettent de composer de belles alternatives.
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La conséquence est simple : le mois de votre départ donne une direction au voyage, puis vos priorités l'affinent. La côte Sud et la côte Est peuvent figurer sur la même carte, mais elles ne promettent pas les mêmes conditions au même moment. Pour un voyage où la plage est essentielle, on choisit d'abord la bonne façade de l'île.
Les intersaisons, notamment au printemps et à l'automne, demandent davantage de souplesse : des averses sont possibles dans plusieurs régions, sans rendre le pays inaccessible. La température, elle, reste largement tropicale sur les côtes et plus fraîche dans les hauteurs, où une couche légère est souvent bienvenue le soir.
Et maintenant